lundi 23 octobre 2017

Sermons sur le Catéchisme des Eglises réformées



Quand on s’intéresse aux prédications des pasteurs de Charenton, on découvre un certain nombre de sermons sur les 55 sections du Catéchisme de Genève (1545), qui remonte à Jean Calvin. Bien que ce Catéchisme ait été rapidement supplanté par celui de Heidelberg (1563), les pasteurs réformés de Paris du XVIIe siècle prêchaient de temps en temps sur ces leçons du Catéchisme genevois. Il nous a semblé intéressant de réunir ces sermons et de les présenter ensemble avec les passages du Catéchisme qu’ils reprennent. 

Pour l’instant, nous avons intégré 90 sermons de Michel Le Faucheur (1585-1657), Jean Mestrezat (1592-1657), Jean Daillé (1594-1670) et Alexandre Morus (1616-1670). 

Vous pouvez consulter cette collection de sermons ici.

lundi 16 octobre 2017

Saurin sur la providence





La première partie du Catéchisme de Jacques Saurin (1677-1730) traite des vérités de la religion naturelle. Dans la section XII, le théologien se penche sur la providence de Dieu en général :

Demande du catéchiste : Vous avez tiré de chaque idée que vous avez donnée de Dieu quelque motif à la vertu, mais croyez-vous que Dieu prenne garde si les hommes s’attachent à la vertu, ou s’ils s’abandonnent au vice ?
 
Réponse du catéchumène : Non seulement je crois que Dieu prend garde si les hommes s’attachent à la vertu, ou s’ils s’abandonnent au vice, mais je suis convaincu qu’il les a formés pour être vertueux, et que c’est selon qu’ils répondront à cette destination ou qu’ils négligeront d’y répondre qu’il les rendra heureux ou misérables.
 
D.     Sur quoi fondez-vous cette pensée ?

lundi 9 octobre 2017

Les sermons de Jean Daillé



Jean Daillé (1594-1670) a été un pasteur célèbre de l’Eglise réformée de Paris qui se réunissait à Charenton. C’est peut-être le plus littéraire des pasteurs de Paris du XVIIe siècle ; il se distingue aussi par le fait qu’il a prêché de grandes séries sur plusieurs épîtres du Nouveau Testament (surtout des épîtres de Paul) et qu’il a publié une partie importante de ses sermons. Ceux qui pensent que D. Martyn Lloyd-Jones était le premier à prêcher des années durant sur la même épître montrent par là qu’ils ignorent l’œuvre de Daillé [1]. 

Votre serviteur s’est attelé à la tâche – redoutable – de rassembler les sermons de Daillé. Je pense avoir réuni la quasi-totalité des sermons publiés. Vous les trouverez ici. Du coup, mon site s’est enrichi de pas moins de 424 sermons prononcés entre 1629 et 1670. Si l’on considère que Daillé a donné 724 sermons à Charenton [2] et qu’il a peu prêché en dehors de son Eglise, il s’agit là d’une partie plus que significative de son œuvre homilétique. 

L’index scripturaire et l’index chronologique de mon site ont été mis à jour. Le grand nombre d’ajouts m’a conduit à diviser l’index chronologique en plusieurs parties couvrant 50 ans chacune. A terme, je compte aussi diviser l’index scripturaire, mais l’heure n’en est pas encore venue. 


[1] A titre d’exemple, sa série sur la première épître de Paul à Timothée comprend 48 sermons donnés entre le 2 août 1654 et le 19 septembre 1660 et remplit plus de 1900 pages.

[2] Fait rapporté par J. Pannier, L’Eglise Réformée de Paris sous Louis XIII de 1621 à 1629 environ, tome premier, Librairie Ancienne Honoré Champion, Paris, 1932, p. 285. A notre étonnement, Daillé ne semble pas (encore ?) avoir fait l’objet d’études académiques d’envergure. 

lundi 2 octobre 2017

Laurent Drelincourt sur les vents



Le vingt-quatrième sonnet du premier livre des Sonnets chrétiens de Laurent Drelincourt (1625-1680) est consacré aux vents:


Voix sans poumons, corps invisibles,
Lutins volants, char[s] des oiseaux,
Vieux courriers, postillons nouveaux,
Sur terre et sur mer, si sensibles,

Doux médecins, bourreaux terribles,
Maîtres de l’air, tyrans des eaux,
Qui rendez, aux craintifs vaisseaux,
Les ondes fières, ou paisibles,

Vents, qui dans un cours inconstant,
Naissez et mourez chaque instant,
Mes jours ne sont qu’un vent qui passe.

Mon corps fait naufrage en la mort,
Mais Dieu, du souffle de sa grâce,
Pousse mon âme dans le port.

Egalement publié sur mon site Internet (ici). Vous y trouverez également les annotations de l’auteur ainsi qu’un facsimile de l’édition de 1680.

lundi 25 septembre 2017

Un manuscrit de Bossuet


C’est toujours intéressant de pouvoir jeter un coup d’œil dans l’atelier d’un grand prédicateur. Nos traitements de texte modernes ont pour effet de rendre invisibles les différentes versions du sermon ; en revanche, les manuscrits originaux des maîtres du passé, s’ils existent encore et sont accessibles, permettent parfois de visualiser le travail d’élaboration des textes. Je viens de mettre la main sur une reproduction de deux pages d’un sermon que Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704) a donné à plusieurs reprises, d’abord en 1665 et 1666, puis en 1668 et en 1669 [1]. Il s’agit du sermon dit « sur la divinité de Jésus-Christ » (Bibl. Nat. Mss. Fr. 12821, fol. 180 (verso) et 181 (recto)). La reproduction provient du tome V de l’ « Histoire de la langue et de la littérature française » éditée par Louis Petit de Julleville (1841-1900) : 


lundi 18 septembre 2017

David Martin – une petite biographie




David Martin naît à Revel (Haute-Garonne) le 7 septembre 1639. Son père, Paul Martin, semble avoir été consul de la ville à deux reprises [1]. Sa mère est Catherine Cardes (ou Corde). David a au moins un frère du nom de Pierre.

lundi 11 septembre 2017

La composition du sermon selon Jean Claude (1)



Voici le premier chapitre du Traité de la composition d’un sermon de Jean Claude (1619-1687): 

Il y a en général cinq parties dans un sermon : l’exorde, la connexion, la division, la tractation et l’application. Mais parce que la connexion et la division sont des parties qui doivent être extrêmement courtes, on ne doit proprement compter que trois parties : l’exorde, la tractation et l’application. Nous ne laisserons pas pourtant de dire quelque chose de la connexion et de la division.

CHAPITRE   I 
De la connexion 

La connexion est la liaison de votre texte avec les textes précédents, et pour la trouver, il faut bien considérer la suite du discours, et consulter sur cela non seulement les commentaires, mais particulièrement le bon sens, car quelquefois, les commentaires philosophent trop et donnent des liaisons fortes et tirées de trop loin. Il faut éviter celles qui sont de cette sorte, car elles ne sont pas naturelles, et le bon sens découvre quelquefois bien plutôt la suite que ne fait l’étude. J’avoue qu’il y a des textes dont la liaison avec les précédents ne paraît pas d’abord, et alors il faut, ou tâcher de découvrir cette liaison par la force de la méditation, ou prendre celle que les commentaires vous fournissent, et entre plusieurs qu’ils donnent, choisir celle qui vous paraîtra la plus naturelle, ou si l’on n’en trouve point qui soit vraisemblable, le mieux est de n’en faire point. Quoi qu’il en soit, la liaison est une chose sur laquelle il faut très peu insister, parce que c’est une partie sur laquelle les auditeurs ne s’arrêtent presque point, et dont le peuple ne peut tirer que très peu d’instruction.

Quand la liaison peut nous fournir quelques belles considérations pour l’éclaircissement du texte, il la faut mettre dans la tractation, et cela arrive assez souvent. Quelquefois aussi vous en pouvez tirer un exorde, et cela étant, l’exorde et la liaison sont confondus ensemble.

Egalement publié sur mon site Internet (ici).